C’est en plein passage de l’Estrie de la zone rouge vers le confinement que notre collègue Nathalie Malo a fait son entrée en poste. Pour la nouvelle cheffe de la Section des bibliothèques, le défi était grand. Mais qu’à cela ne tienne, elle le relève quotidiennement, à grands coups d’écoute, de prises de décisions et de respirations profondes. Rencontre avec une gestionnaire « groundée ».

« Je suis arrivée deux jours avant que le premier ministre annonce le passage de l’Estrie en confinement. À ce même moment, on devait mettre en place des zones d’étude à la bibliothèque. Tous les meubles avaient été retirés puisque c’était la règle en zone orange », nous dit d’entrée de jeu notre consœur, qui a accompli cette mission tout en faisant connaissance avec sa nouvelle équipe.

« On a rapidement dû créer ces zones pour les étudiants. Ça nous prenait des ordinateurs, un meilleur réseau Internet, du désinfectant… le tout dans des délais très courts! », nous dit celle qui, du même coup, a sollicité les différentes équipes de la Ville en mode accéléré. « C’était toute une entrée en jeu, mais ça m’a permis de rencontrer une foule d’employés, plus motivés et efficaces les uns que les autres. »

Née en Montérégie, Nathalie Malo a fait ses études à Montréal et à San Diego avant de s’installer à Sherbrooke, il y a 10 ans. « Je viens du monde de la recherche et de l’enseignement. J’étais précédemment adjointe au directeur scientifique du Centre de recherche sur le vieillissement (CdRV), au CIUSSS de l’Estrie – CHUS. J’occupais un poste particulier puisque j’étais la seule gestionnaire au CdRV. Mes collègues, dont ma directrice, étaient des professeurs et des chercheurs de l’Université. Ils donnaient un à deux jours au centre, en surplus de leur travail.  J’étais pour ma part le point pivot », nous dit Nathalie, en ajoutant que son récent changement de carrière ne l’éloigne pas beaucoup de son ancien poste.  « Je demeure dans mes valeurs professionnelles et personnelles. C’est une autre équipe, une autre organisation, mais je reste dans le secteur public et il y a beaucoup de similitudes. »

La gestion comme mode de vie
Adepte de yoga et d’escalade, Nathalie est passionnée par ces activités qui ont des points en commun avec les fonctions qu’elle occupe. « Pour moi, le yoga, l’escalade et la gestion sont très proches. On doit être à l’écoute de soi, être dans la gestion de son corps, de ses émotions, dans sa respiration également. Je travaille à être entièrement présente pour bien écouter; que ce soit mon corps ou mes employés. Ça fait partie de mes forces, de ce que je développe, de ce que j’apprends », nous dit cette mère de deux jeunes enfants qui pratiquent avec elle et son conjoint une foule d’activités de plein air.

« Ma pratique matinale en solo à la maison est importante. Et de façon virtuelle, j’essaie d’encourager nos beaux studios de yoga sherbrookois, pour lesquels c’est difficile en ce moment. J’ai aussi ma formation de professeur de yoga. J’ai enseigné, surtout lorsque j’étais en congé de maternité ou que je travaillais à temps partiel. Mais depuis cinq ans, c’est moins compatible avec mon horaire », nous dit-elle, en nous parlant de l’importance de contracter les bons muscles avec une force modérée pour toujours améliorer la position et en ressentir un maximum de bienfaits. Ce qui est très vrai en escalade également.

« L’escalade est un sport en trois parties : il y a la forme physique, mais aussi la technique et la stratégie, de même que l’aspect mental. Dans ce dernier entre la gestion de ses peurs, de ses émotions, la capacité de réfléchir, de choisir le meilleur chemin. Au départ, on regarde un rocher et ça nous semble anodin, mais quand on s’y met, qu’on pratique et qu’on pousse, c’est un défi de gestion! On peut choisir de faire un mouvement plus rapide sur une prise moins bonne ou prendre le temps de chercher une meilleure prise. Pour moi, c’est de la gestion qui se rapproche du Lean; on va tenter d’éliminer le gaspillage et de s’en tenir à la force à investir. Je vois beaucoup de parallèles », nous dit-elle en conclusion.

Souhaitons la bienvenue à notre nouvelle collègue.