Le 3 juin dernier, la Direction de santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke procédait à une conférence téléphonique et à une visite de deux chantiers de construction/voirie à la Ville de Sherbrooke.

Ces visites ont été réalisées par l’infirmière clinicienne Jasmine Blanchette et par Dr Peter Ross auprès de membres de l’équipe CSS cols bleus, et des équipes de voirie et de construction. Étaient présents lors de ces visites : Daniel Chartray, directeur adjoint au Service des ressources humaines, Jean-Pierre Fortier, chef de la Division de la construction, Frédéric Gaudet, ingénieur coordonnateur, Antoine S. Petit, chef de la Section voirie, Patrick Bernard, contremaître à la voirie, Marc Turcotte, représentant des travailleurs, Mathieu Champoux, conseiller SST et Steve McCutcheon, conseiller principal SST.

Un bilan très positif
Ces visites ont permis d’observer que, dans l’ensemble, la gestion du risque d’infection à la COVID-19 est très adéquate sur les chantiers sherbrookois. Les travailleurs sont informés individuellement ou en groupe par l’employeur du risque de la COVID-19. Ils connaissent les signes et symptômes à auto-surveiller et qu’ils doivent en informer à l’employeur le cas échéant. Ils savent également qu’ils ne doivent pas se présenter sur les lieux de travail s’ils présentent ces symptômes, puis qu’ils sont tenus de se référer à la ligne info-COVID pour connaître la conduite à tenir. Les cadres font des tournées de surveillance et de soutien pour faire des rappels et s’assurer que leurs besoins en lien avec le risque sont comblés.

Gestion des symptômes de la COVID-19 
Sur les chantiers de construction visités, on a salué la présence d’aide-mémoire des symptômes de la COVID-19 ainsi que des interventions à faire en cas de réponse positive. On a aussi relevé le fait qu’un questionnaire était utilisé pour « évaluer » l’absence ou la présence de symptômes de la COVID-19. En cas de réponse positive de symptôme de la COVID-19 (exclusion sur les lieux de travail), le travailleur est par ailleurs soutenu dans ses démarches via le bureau de santé. Finalement, tout est en place pour isoler un travailleur, se protéger grâce aux équipements de protection individuelle et effectuer la désinfection.

L’hygiène
Les travailleurs ont tout ce qu’il faut (eau, savon, papier, poubelle, solution hydroalcoolique pour les mains, toilette mobile adaptée COVID-19, etc.) pour le lavage des mains à l’arrivée, au départ, aux pauses, avant de manger et au besoin. Tout est également en place pour le lavage des outils et pour le nettoyage de l’habitacle dans chacun des véhicules, des roulottes et des remorques.

Les repas et les pauses
Il est impossible pour les travailleurs d’alterner les pauses puisqu’ils sont interdépendants pour réaliser leurs tâches. Ces derniers prennent donc leurs pauses chacun dans leur véhicule. Des roulottes en quantité suffisante sont disponibles pour leur permettre de se reposer à plus de 2 mètres de distance. Certaines d’entre elles sont climatisées.

Distanciation et barrière physique
Les postes de travail extérieurs ou le transport chacun dans son véhicule leur permet de maintenir les 2 mètres de distance. Dans les moments où ils doivent se rapprocher pour se parler, ils abaissent leur visière à titre de barrière physique. Chaque travailleur est responsable de nettoyer sa visière à la fin du quart.

Lorsqu’un travailleur porte la visière, aucun port de masque de procédure n’est obligatoire, mais ce dernier est disponible. En raison de la chaleur incommodante, il peut en effet être intolérable de porter le masque de procédure, puisque, dans cette situation de la buée se forme dans la visière et rend le travail plus difficile. Par ailleurs, il s’agit la plupart du temps de travail extérieur à distance.

Le transport individuel est obligatoire. En règle générale, seulement un travailleur utilise le camion fourni par la Ville et s’en sert comme habitacle de bureau, de pause ou pour manger. Si les employés doivent être deux (maximum), ils gardent la même position, nettoient l’intérieur après l’utilisation et privilégient les déplacements de courtes distances et durées. Les groupes de travail sont stables autant que possible, et comptent un nombre moyen de 5-6 travailleurs à la fois.

Manipulation des papiers et des équipements
Les travailleurs sur les chantiers visités ont réduit leur manipulation de la documentation en format papier. C’est toujours le même travailleur par équipe qui manipule les papiers de documents incontournables. Chaque travailleur possède ses propres outils identifiés par couleur et un poste de nettoyage est utilisé pour laver les outils/équipements qui doivent être partagés.

Affichage
Des affiches qui servent de rappel et d’aide-mémoire sont à la vue (lavage des mains, étiquette respiratoire, technique pour enfiler et retirer un masque, nombre de travailleurs permis par roulotte ou cube, etc.).

En conclusion
Deux chefs d’équipe ont été rencontrés lors de la visite. Ils affirment que l’ensemble des travailleurs sont soucieux et conscients du danger de la COVID-19. Plusieurs d’entre eux ont des membres de la famille soit atteints de maladie chronique, soit immunosupprimés, soit âgés, ou en CHSLD, qu’ils veulent protéger. L’ensemble des travailleurs appliquent les mesures préventives et se les rappellent entre eux. Ils disent que le plus difficile, c’est d’en prendre l’habitude, par exemple à s’habituer de travailler avec la visière ou de la rabattre lorsqu’ils se rapprochent.